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Appui aux jeunes Autochtones – En apprendre sur la culture et l’identité

Boozhoo, 

Mon nom spirituel est Nimkii Giizis, ce qui signifie Jour de tonnerre, mais mon nom anglais et celui que j’utilise le plus souvent dans la vie, c’est Michael Cywink. À l’heure actuelle, je travaille à temps plein au Centre for School Mental Health de l’Université Western et je suis un étudiant à temps partiel en voie d’obtenir un diplôme en Études des Premières Nations. 

Quand j’étais un jeune homme grandissant sur l’île Manitoulin, je me sentais grandement déconnecté de ma culture et de qui j’étais dans ce monde comme Anishnaabe. Ce n’était pas la faute de mes parents, mais le seul fait de fréquenter une école élémentaire publique où il n’y avait aucune représentation visuelle parmi le personnel, les autres élèves et dans les corridors rendait difficile toute manifestation de fierté et d’identité culturelles. À mesure que je vieillissais, je sentais qu’il manquait quelque chose dans ma vie, un morceau du casse-tête qui n’était simplement pas là. J’étais très actif dans mon milieu, je jouais à plusieurs sports, je créais des projets d’art ici et là et, donc, j’étais pas mal occupé et j’avais plein de choses à faire pour occuper mon temps et pour m’aider à grandir. Quelques années plus tard, j’aboutissais à London, Ontario, à travailler avec des jeunes Autochtones dans mon poste actuel. C’est là que j’ai réalisé que le morceau manquant du casse-tête, c’était le côté spirituel de qui j’étais. Je sais que c’était le morceau manquant parce que je le vois tous les jours dans les jeunes avec qui je travaille. 

Mon titre officiel à l’Université Western, c’est agent de liaison, programmes/mentor des élèves et je travaille avec des jeunes Autochtones du conseil scolaire de district de Thames Valley. Je suis responsable de programmes de leadership, de programmes de mentorat, de divers camps et j’offre des occasions culturellement pertinentes aux élèves de grandir et d’en apprendre sur qui ils sont dans ce monde. Le programme dont je m’occupe, Fourth R. combine des connaissances et enseignements culturels à un programme sur les relations saines. Je travaille avec des élèves des Premières Nations et des élèves Métis et Inuits de la septième année à la douzième année. C’est une position extrêmement valorisante qui me donne l’occasion non seulement d’aider ces élèves à grandir et à être fiers de qui ils sont, mais qui m’aide aussi à évoluer sur cette piste culturelle. L’habilitation des élèves et la voix des élèves constituent des composantes de mon travail. Être un adolescent qui essaie d’évoluer à travers les études secondaires, ce n’est pas facile, en particulier pour les élèves Autochtones qui sont constamment victimes de racisme, de stéréotypes et de préjudices dans les médias, dans les corridors et chaque fois qu’ils ont en main un téléphone intelligent. Donc, il est important pour leur réussite que les élèves soient dans une situation où ils peuvent discuter de ces choses et de comment y faire face. Et on ne parle pas seulement de la réussite scolaire, mais de les aider à naviguer dans la vie la tête haute, sachant l’importance pour eux de porter leurs traditions, coutumes et enseignements près du cœur. 

Nul doute mon travail comporte-t-il sa part de jours difficiles, mais aussi sa part de jours exceptionnels.. C’est comme n’importe quoi d’autre dans la vie, il faut prendre le bon avec le mauvais. Aider à abolir les stéréotypes et à habiliter la vague actuelle de jeunes aide à déblayer la piste pour la prochaine génération et pour toutes les générations qui suivront. Nous devons continuer de mener la bonne guerre et de s’entraider afin qu’un jour, ces élèves n’aient plus à entendre et à voir le côté laid de la société et ne soient plus jugés avant même de mettre un pied en classe. 

Le 21 juin, nous avons célébré la Journée de la solidarité ici à London. J.ai fait des peintures avec un groupe d’élèves du secondaire à Banting SS, puis je me suis rendu à Wortley Village, où il avait une exposition traditionnelle de danse, de musique et de tambours ainsi qu’une célébration de vie. C’était une magnifique journée et mon cœur se sentait plein. J’avais l’impression que tout allait bien aller. Il y avait des milliers de personnes sur les lieux, jeunes et vieilles, heureuses et libres, Autochtones et non Autochtones. Et je n’avais absolument pas en tête la misère, la douleur et les difficultés que les peuples Autochtones ont subies au fil des années. Imaginez maintenant si j’éprouvais ces sentiments tous les jours? Ce serait pas mal extraordinaire. Mon désir et mon rêve, c’est qu’un jour, nos élèves ressentent cette même émotion sur une base quotidienne. 

Miigwetch (merci) de m’avoir lu, 
-Jour de tonnerre (Michael Cywink) 

Mike Cywink
Mentor des élèves et liaison, Programmes
Fourth R, Uniting Our Nations