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Stratégies d’enseignements axées sur le traumatisme et la violence – pourquoi-est-ce extrêmement important et comment y parvenir?

Le Dr Bruce Perry est un expert international en traumatisme infantile. Dans son livre The Boy who was Raised as a Dog, il rappelle que les enseignantes et enseignants ont un rôle clé à jouer auprès des enfants victimes de traumatisme, précisant que : « Tout comme une expérience traumatique peut transformer une vie, il peut en être de même d’une rencontre thérapeutique. » Ces rencontres thérapeutiques incluent plein de petits moments, des sourires accueillants jusqu’au temps pris pour demander à un enfant comment il va, en passant par la participation de tous les élèves à des activités dans la nature et à la chance qui s’offre à chacun d’aider les autres.

En tant qu’enseignantes et enseignants, vous êtes probablement familiers avec les stratégies d’enseignement axées sur le traumatisme, qui attirent notre attention sur le traumatise ainsi que les pratiques en classe qui visent à aider un enfant vivant un traumatisme. Le traumatisme se décrit, en gros, comme une expérience qui mine l’aptitude d’une personne à faire face à une situation.

Au Canada,  l’Étude sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence dans l’enfance nous aide à comprendre combien de nos enfants ont été victimes de mauvais traitements. Partant des cas qui ont fait l’objet d’une enquête, près de la moitié de tous les cas confirmés de mauvais traitements infligés aux enfants incluent l’exposition à la violence familiale, puis la négligence, les mauvais traitements émotifs ainsi que la violence physique et sexuelle (http://cwrp.ca/sites/default/files/publications/en/ois-2013_final.pdf - en anglais seulement)

Il est extrêmement important de reconnaître, par contre, que la violence interpersonnelle ne constitue pas la seule source de traumatisme. Le traumatisme peut résulter d’une violence structurelle, d’expériences que vivent les enfants en raison de qui ils sont, de comment ils vivent et du manque d’occasions qui s’offrent à eux. Le racisme, la discrimination sous toutes ses formes, la pauvreté, un logement inadéquat ou instable, la violence historique et le manque d’éducation, d’emploi ou d’espoir menant à un bien-être fondamental constituent tous des sources possibles de traumatisme. Nous savons que les deux types de violence – interpersonnelle et structurelle – peuvent influencer plusieurs éléments de l’apprentissage, y compris la fréquentation scolaire, la maladie physique, la concentration, la mémoire, la confiance en soi et la persévérance.

Une récente étude intitulée Adverse Childhood Experiences (ACE) (www.cdc.gov/violenceprevention/acestudy/index.html - en anglais seulement) vise à sensibiliser les gens au fait que des expériences comme la violence, la négligence et les difficultés à la maison (comme avoir un parent incarcéré ou être sans abri) peuvent empêcher un enfant d’aller à l’école, d’apprendre et de  participer à la vie scolaire.. Une stratégie d’enseignement axée sur le traumatisme s’avère essentielle pour comprendre comment réagir aux enfants aux prises avec des expériences négatives et comment les aider.

Cela dit, une stratégie axée sur le traumatisme et la violence doit tenir compte non seulement de la violence interpersonnelle – c’est-à-dire des mauvais traitements infligés à un enfant – mais aussi de la violence structurelle. Au lieu de demander à un élève « Qu’est-ce qui ne va pas avec toi? », nous demandons « Que t’est-il arrivé? Qu’est-ce qui t’arrive encore? » Ceci déplace l’accent de ce qui se passe dans la tête de l’enfant vers ce qui se passe dans sa vie.

Nous avons la chance d’avoir des collègues qui font enquête et mettent au point de nouvelles pratiques fondées sur les données probantes au niveau des soins axés sur le traumatisme et la violence dans des milieux de soins de santé (https://equiphealthcare.ca/ - en anglais seulement), et qui nous donnent des conseils sur la façon d’appliquer ces principes à la classe et à l’école. Il y a quatre façons de travailler dans un contexte pleinement axé sur le traumatisme et la violence :

  1. Sensibiliser les gens au traumatisme et leur faire comprendre la prévalence élevée de traumatisme et de violence, l’impact du traumatisme sur le développement de l’enfant et la gamme de stratégies que les enfants et les familles peuvent utiliser pour faire face à la situation. 
  2. Instaurer un climat de sécurité et des liens de confiance en créant un environnement accueillant, en jumelant les attentes (en matière d’apprentissage, par exemple) avec l’aide, établir des relations positives avec les enfants et les familles et réfléchir aux questions de sécurité.
  3. Encourager le choix, la collaboration et les connexions en écoutant, en observant et en réagissant avec soin et avec une vision partagée pour aider à déterminer les services, les soutiens et les soins.
  4. Avoir recours à une approche axée sur les forces et le renforcement des capacités pour venir en aide aux élèves.

Vous voulez en savoir plus?

La Dre Nadine Burke Harris, le nouveau médecin en chef de l’état de la Californie, a donné une causerie « TEd Talk » sur les expériences négatives dans l’enfance que vous pouvez visionner ici :
www.ted.com/talks/nadine_burke_harris_how_childhood_trauma_affects_health_across_a_lifetime?language=en&utm_campaign=tedspread&utm_medium=referral&utm_source=tedcomshare - en anglais seulement


Elle a aussi écrit un excellent livre intitulé, The Deepest Well: Healing the Long-Term Effects of Childhood Adversity (Houghton Mifflin Harcourt Publishing Co: New York, NY).


Ces ressources ainsi que des ressources en ligne comme celles sur le développement de l’enfant du Harvard Center (www.developingchild.harvard.edu - en anglais seulement) peuvent toutes s’avérer utiles pour nous renseigner davantage.

 

Susan Rodger, PhD., C. Psych.

Psychologist and Associate Professor,
Counselling Psychology Program, Faculty of Education,
Western University