Partager des expériences d’enseignement (Partie trois): Logistique des études d’EPS à l’étranger

Deux programmes de formation des enseignants, l’Université des sciences appliquées de Norvège occidentale (USAN) en Norvège et l’Université Mont-Royal (UMR) à Calgary, ont collaboré dans le domaine de l’éducation physique et de l’éducation en plein air dans le cadre de la formation des enseignants. Le partenariat entre les deux institutions a été financé en 2019 de la part de NOTED (Norwegian Partnership Program for International Teacher Education/Programme de partenariat norvégien pour la formation internationale des enseignants) afin d’accroître les possibilités d’échanges étudiants internationaux, de collaborer sur la recherche universitaire et de renforcer les partenariats internationaux.
L’un des points forts de ce partenariat est la relation solide qui a été établie entre les institutions. Cette relation a permis aux étudiants de premier cycle ou aux enseignants en formation initiale d’échanger plus facilement, aux membres du personnel et du corps enseignant de se familiariser avec les différents contextes internationaux, et a créé un espace pour les idées pédagogiques novatrices et la réflexion sur l’avenir. Une série de trois articles portant sur le partenariat sur l’éducation en plein air est rédigée par trois formateurs d’enseignants : Torbjørn Lundhaug (HVL, premier article), Helga Aadland (HVL, deuxième article), et Shannon Kell (MRU, troisième article). Les articles sont utiles à toutes les personnes qui travaillent dans le domaine de l’EPS, car ils démontrent qu’il y a beaucoup à apprendre en dépassant nos propres frontières, mais que nous avons aussi des similitudes. Cet apprentissage demande souvent du travail et de l’engagement, mais il a des retombées fantastiques en termes de perfectionnement professionnel, de pratique et de pédagogie, de philosophies de l’apprentissage et de l’enseignement, et d’amitiés. Cet article est le troisième d’une série de trois et aborde certains aspects logistiques du choix d’étudier l’EPS à l’étranger. Cliquez ici pour lire le premier et le deuxième article.
Pourquoi soutenons-nous les enseignants en formation initiale qui étudient à l’étranger?
Étudier à l’étranger peut être à la fois passionnant et intimidant. Le partenariat sur l’éducation en plein air a réussi à survivre à la pandémie et a depuis permis à huit étudiants (trois de l’UMR et cinq de l’USAN) de réaliser leur rêve de passer un semestre à l’étranger. En tant que groupe de formateurs en enseignement, nous avons beaucoup appris sur les défis logistiques liés à ces séjours. Cependant, les bénéfices sont inestimables. Nous savons que chaque enseignant en formation initiale qui concrétise son projet d’étudier à l’étranger facilite la tâche du suivant.

Surmonter les défis
1. Faire connaître les possibilités existantes.
Les enseignants en formation initiale ne sont pas toujours conscients des possibilités qui s’offrent à eux pour étudier à l’étranger. En Europe, il est plus courant d’étudier à l’étranger qu’au Canada en raison des programmes déjà en place dans les établissements. Par exemple, il est souvent obligatoire de passer un semestre à l’étranger avant d’obtenir son diplôme d’enseignant. Dans nos établissements, l’USAN et l’UMR, des membres du personnel sont chargés de faciliter les possibilités d’échanges en vue d’étudier et d’apprendre à l’étranger. À l’UMR, le bureau de l’éducation internationale dispose d’une formidable équipe de collègues qui nous ont accompagnés à chaque étape de ce processus. De nombreux collègues de l’USAN soutiennent également les collaborations internationales pour les échanges de personnel, de membres du corps enseignant et d’étudiants.
2. Assurer aux enseignants en formation initiale qu’étudier à l’étranger est une occasion inestimable.
Bien entendu, les enseignants en formation initiale devront faire des compromis, à commencer par le choix d’un semestre approprié et de cours qui s’intègrent dans leur programme d’études actuel. Il arrive qu’il n’y ait pas d’équivalence directe d’un cours. C’est notamment le cas pour les programmes de formation professionnelle, tels que l’éducation, qui sont réglementés par un organisme officiel. Par exemple, un cours de mathématiques obligatoire au Canada peut ne pas être proposé en anglais dans l’établissement partenaire, être dispensé sous une forme différente ou avoir un contenu différent. À l’USAN, de nombreux cours sont regroupés pour créer un semestre interdisciplinaire et pertinent sur le plan pédagogique. C’est le cas, par exemple, d’un cours de pédagogie qui englobe l’éducation en plein air, à l’esthétique et aux mathématiques (lien traduit via Google Traduction). Lorsqu’il consulte la description du cours en ligne, un étudiant de l’UMR peut, à première vue, ne pas comprendre le lien qui existe entre les différentes matières. Il s’agit pourtant d’une excellente occasion de se familiariser avec les mathématiques, dans cet exemple, au sein d’un contexte éducatif intégré.
Autre défi connexe : la confirmation des équivalences de cours. Il incombe au(x) membre(s) du corps enseignant d’entreprendre ce processus qui consiste à examiner les détails de chaque cours (c.-à-d. les évaluations et le contenu) afin de s’assurer que l’étudiant acquerra les connaissances et les compétences appropriées. Bien entendu, certains détails ne seront pas équivalents. Toutefois, si le contenu est similaire et les résultats équivalents, un accord d’équivalence peut être conclu et cette approbation vaut pour chaque demande ultérieure. Après tout, l’expérience de la vie et de l’apprentissage à l’étranger permet d’acquérir des compétences pratiques inestimables et des évaluations en situation réelle!
3. La persévérance est essentielle au processus.
Une fois qu’un enseignant en formation initiale a décidé de poursuivre un semestre à l’étranger, son enthousiasme grandit. Toutefois, il lui reste encore de nombreuses démarches à accomplir. L’étudiant devra peut-être assister à des séances d’information et obtenir un permis d’études ou un visa. Ces démarches peuvent sembler décourageantes, mais bonne nouvelle : de nombreuses personnes au sein de l’université peuvent apporter accompagner cet étudiant dans son parcours. En outre, de nombreux programmes d’échange, tels que le partenariat sur l’éducation en plein air entre l’USAN et l’UMR, proposent aux étudiants une aide financière pour compenser les coûts. En outre, des logements sont réservés aux étudiants en échange et des collègues/pairs de l’établissement partenaire accueilleront les étudiants à leur arrivée, ce qui rend la transition moins intimidante.
Aller de l’avant : Inciter davantage d’enseignants en formation initiale à étudier à l’étranger
Il nous reste beaucoup de choses à améliorer dans le cadre de notre demande de financement pour la prochaine phase. Depuis le début du partenariat sur l’éducation en plein air, nous avons appris l’existence d’un grand nombre de soutiens et de systèmes qui peuvent nous aider à proposer aux enseignants en formation initiale des expériences d’études à l’étranger. Nous pouvons par exemple:
- Créer du matériel et des vidéos promotionnels en utilisant les laboratoires de médias qui existent déjà sur le campus pour faire connaître les occasions.
- Rationaliser le processus de sélection et d’équivalence des cours pour les étudiants en définissant des fenêtres de mobilité idéales au sein des programmes respectifs, et créer une liste plus concrète de cours déjà approuvés.
- Travailler avec des collègues qui sont déjà impliqués dans différents projets internationaux et en tirer des enseignements. Par exemple, nous pouvons mettre en œuvre des dispositifs d’apprentissage à distance comme COIL (Apprentissage international collaboratif en ligne, disponible uniquement en anglais) et revoir nos propres cours afin de mieux les harmoniser avec les programmes de nos partenaires.
- Tournez-vous vers les étudiants qui ont passé avec succès un semestre à l’étranger et sollicitez leur mentorat pour créer des liens avec les étudiants qui entament leur séjour à l’étranger.

Vous êtes enseignant en formation initiale d’EPS et vous souhaitez étudier à l’étranger et/ou effectuer un échange d’un semestre?
Si vous êtes intéressé par les collaborations internationales ou l’enseignement à l’étranger, ou si vous êtes un étudiant en formation initiale et que vous souhaitez étudier à l’étranger, commencez par vous adresser au bureau international de votre établissement. De nombreux établissements disposent d’une liste des partenariats internationaux déjà établis. Cette liste est probablement disponible en ligne et vous pouvez faire une première recherche sur les cours ou les programmes intéressants qui pourraient être proposés dans cet établissement à l’étranger. Certains cours pourraient même être déjà approuvés pour être transférés dans votre programme d’études; commencez par poser des questions.
Si vous réfléchissez aux prochaines démarches à entreprendre et/ou si vous souhaitez élargir vos connaissances dans le domaine de l’EPS, je vous recommande de vous inscrire en tant que mentoré au Programme national de mentorat d’EPS Canada. Que vous soyez à l’université, au début de votre carrière d’enseignant ou simplement nouveau dans l’enseignement de l’EPS, ce programme gratuit vous met en relation avec un mentor expérimenté et compétent désigné spécifiquement pour vous dans les domaines de l’éducation de la maternelle à la 12e année, du leadership pédagogique, de la recherche et/ou de la formation des enseignants au Canada ou à l’étranger. Si vous êtes intéressé, créez un compte gratuit de membre étudiant d’EPS Canada et indiquez dans votre demande de mentorat « en savoir plus sur les échanges à l’étranger dans le cadre de la formation des enseignants » et je deviendrai votre mentor national.